Jeudi 2 avril, SUD s'est rendu au troisième Comité Technique Paritaire depuis son élection.
Dès le premier, ses portes parole sont intervenus sur un certain nombre de dossiers en tentant de mettre en évidence la réalité
vécue par les professionnels de terrain et en posant des questions de fond sur l'organisation de leurs services.
C'est notamment le cas concernant la DGAS où SUD a eu l'outrecuidance d'évoquer l'absence de concertation générale pourtant si
souvent vantée.
La plupart des interventions de SUD ont été qualifiées d' « outrancières », de « procès d'intention », d'obstacle aux chantiers menés par
l'Administration, tout ceci en « monopolisant la parole ».
SUD refuse d'être cantonné à ces préjugés et estime ne rien faire d'autre qu'exercer son mandat de représentant du personnel élu
pour son libre arbitre et sa liberté de ton !
Une lettre ouverte au Vice-président chargé des Ressources Humaines a été rédigée pour réaffirmer ce principe (voir ci-dessous
Monsieur le Vice-président,
Pour faire suite au CTP du 2 avril et parce que nous n'avons pas souhaité « monopoliser
davantage la parole », nous n'avons pas pu aller au bout de notre argumentaire concernant le manque de concertation (quelque chose quelque part entre la simple transmission
d'information et la cogestion !). Or, il nous apparaît essentiel de vous faire part de notre analyse.
En effet, la proposition par la DGAS de transmettre aux organisations syndicales le calendrier de la mise en œuvre des réformes (RSA, MASP, etc.) est un premier pas
intéressant mais il ne s'agit là encore que de l'organisation.
SUD souhaite attirer votre attention sur le fait que la réorganisation des services et des moyens ne peut être préalable à la question du sens.
Lorsque la DGAS affirme « il est nécessaire de garder le sens de l'intervention sociale », de quel sens parle-t-elle pour justifier l'obsolescence
de l'organisation et des moyens actuels. Où, par qui et quand « ce sens » a-t-il été défini ?
Alors que les fondamentaux du travail social sont mis à mal par les contre réformes
gouvernementales, en particulier en ce qui concerne la question éthique du respect des droits et libertés publics, n'est-il pas opportun que le Département mette en œuvre une réelle
réflexion de fond ?!
Pour SUD, le Conseil Général, parce qu'il les condamne dans le discours, ne doit pas purement et simplement relayer ces contre-réformes. Sa responsabilité est
engagée et il doit tout mettre en œuvre pour garantir le droit des citoyens et usagers des services.
De part sa formation, sa qualification, son expérience et sa capacité d'expertise, chaque agent de
l'Action Sociale doit pouvoir contribuer à l'élaboration d'un projet global dans lequel la mise en œuvre des lois (prévention de la délinquance, protection de l'enfance, protection juridique des
majeurs, etc.) doit être déclinée au regard des valeurs républicaines. Faute de quoi la politique du Conseil Général ne se réduira qu'à la juxtaposition de mesures contraires à un projet
émancipateur ... l'émancipation des individus et des groupes devant être l'essence même de toute intervention sociale.
Le 26 mars dernier, vous organisiez un séminaire sur « les risques psycho-sociaux ». Les
intervenants ont affirmé devant vous que c'est l'organisation du travail qui génère la souffrance. Quand une organisation contribue à la perte du sens, les agents souffrent et sont
démotivés.
Le CTP, comme toute instance paritaire, est l'unique lieu de rencontre entre l'exécutif et les
représentants du personnel. Cet espace et ce temps de débats permet à l'élu d'obtenir une version complémentaire à celle de l'Administration. Il nous apparaît donc légitime que les organisations
syndicales s'emparent de cette instance pour faire remonter les préoccupations et le vécu des agents de terrain et émettre des propositions.
En l'état actuel de notre relation, nous nous efforçons de croire que les notions de
« dialogue social » empreint de « transparence et de franchise » que vous affirmez ne sont pas que des déclarations d'intentions.
En ce qui concerne SUD, c'est effectivement avec franchise et transparence que nous nous positionnons, ceci sans aucun procès d'intention.
Restant à votre disposition pour tout échange sur le sujet, veuillez recevoir, Monsieur le
Vice-président, nos respectueuses salutations.
Pour SUD,
Olivier
TRENEUL,
Dominique THIERY,
élu CTP
titulaire.
élue CTP suppléante