Hier, mardi 17 novembre, s’est tenu, pour la deuxième fois cette année un Comité d’Hygiène et de Sécurité dit « exceptionnel » pour la même Unité Territoriale de Prévention et d’Action Sociale, l’UTPAS de Roubaix-Hem (le premier ayant eu lieu le 23 janvier dernier, voir notre article UTPAS de Roubaix-Hem : La "citadelle de la République" met enfin la clef sous la porte ! ).
Ce CHS « exceptionnel », d’ailleurs plus si exceptionnel que ça, doit conclure une suite d’événements consécutifs à un grave accident survenu le 30 septembre dernier.
Mercredi 30 septembre 2009 à 13h15, une grande partie du plafond du plateau situé au 1er étage du bâtiment accueillant « provisoirement » l’UTPAS s’effondre. 2 Tonnes et demi de décombres s’écroulent ! Fort heureusement les 8 collègues ont pu échapper à l’accident, pour certaines à quelques secondes près. Des conséquences tragiques ont été évitées !
Une collègue très choquée se retrouve en accident de travail.
La Direction Territoriale, en la personne de la DT adjointe, Mme FERTEIN, se rend sur place plus de 2 heures après l’accident. Elle prend le temps de rencontrer les collègues et les incite à poser des congés ou « à se mettre en arrêt ». A aucun moment, elle ne juge utile de prévenir la médecine professionnelle ou d’orienter les collègues vers cette dernière.
Le personnel est immédiatement consigné au rez-de-chaussée de l’UTPAS … 62 agents sur un même plateau en contenant initialement 12 !
Et pourtant, très attaché à la continuité du service, le personnel poursuit l’accueil des usagers sur le parvis de l’UTPAS et s’organise pour que la cohabitation dans une même salle soit la meilleure possible : partage des postes informatiques et des lignes téléphoniques avec une utilisation à tour de rôle, accès un par un à l’étage pour utiliser les outils de travail (dossier, etc.), partage des bureaux (certaines collègues travaillent sur des petits bureaux d’enfants) … bref des conditions de travail inadmissibles et insupportables !
Le lendemain, les élus CHS CGT et SUD rencontrent les collègues, le responsable (malgré lui), les agents de la Direction Opérationnel des Travaux (DOT) et constatent l’étendue des dégâts.
SUD rédige un rapport et le transmet le 5 octobre à B. DEROSIER accompagné d’un droit d’alerte mettant en évidence les conditions de travail et de danger auxquels le personnel de l’UTPAS est toujours confronté.
Conditions de travail inadmissibles et pourtant supportées par l’ensemble des agents durant plus de 10 jours !
Les 6 et 8 octobre les services de SSD et de l’ASE de l’UTPAS écrivent à B. DEROSIER afin de l’alerter à leur tour sur leur situation.
8 jours après les faits (le 9 octobre), la médecine professionnel se rend à l’UTPAS et se met à la disposition du personnel.
Le 12 octobre, suite à une réunion de service, le personnel prend la décision d’interpeller la CGT et SUD.
Une rencontre est donc organisée dans l’après midi entre des militants syndicaux et les agents du service.
Les collègues expriment alors leur ras-le-bol face à une situation qui semble perdurer. Malgré les différents courriers, l’autorité territoriale reste absente et l’administration inerte.
Les organisations proposent donc d’interpeller le CHS afin qu’une séance se réunisse rapidement.
SUD informe le personnel de leur possibilité à faire valoir leur droit de retrait, conformément à la réglementation.
Dès le lendemain matin (le 13 octobre), la grande majorité des agents de l’UTPAS déposent leur droit de retrait et sollicite une entrevue dans la matinée à l’autorité territoriale.
25 collègues, accompagnées par SUD, rencontrent M. JOURDAN, le DGA-RH adjoint, M. GUFFROY, le DGA-AS adjointe et M. JOLY, le Directeur de la DOT à l'Hôtel du Département.
Lors de cette réunion, les collègues expliquent clairement les conditions dans lesquelles ils exercent leurs missions depuis près de 15 jours ainsi que le sentiment que leur statut de victime ne soit pas reconnu par l’employeur (aucun dépôt de plainte n’a été fait par le CG).
A cela, M. GUFFROY, DGA-AS adjoint, répond cyniquement que ce n’est que du sentiment et M. JOURDAN, DGA-RH adjoint, n’aborde le sujet que sur le registre de l’organisationnel (pour des ressources humaines, c’est déplorable !!!).
Les collègues, unanimement, font part de leur détermination à maintenir leur droit de retrait tant que les travaux, effectués par la DOT, ne soient pas terminés (le 13, les travaux ne sont même pas entamés !).
Le DGA-AS adj. et le DGA-RH adj. les informent de leur venu sur place dans l’après-midi.
Le 13 octobre, 14 jours donc après l’accident les Directeurs adjoints mettent les pieds sur place.
Accompagnés par la Directrice Territoriale de Roubaix-Tourcoing, Mme ROBBARD, et son adjointe, Mme FERTEIN, ils font le tour des services. C’est à ce moment là que les collègues entendent à diverses reprises de la bouche de la DT adjointe des propos méprisants et insultants : « votre droit de retrait n’est pas fondé (…) tous les moyens sont bons pour ne pas travailler ! (…) moi aussi, j’ai beaucoup de travail» … devant cet amas d’agressivité et de méchanceté, de nombreuses collègues craquent.
Cette réunion dure près de 3 heures. Les équipes de l’UTPAS proposent de fermer les locaux le temps de la durée des travaux. Refus des représentants de l’Administration au prétexte qu’il est nécessaire d’assurer la continuité du service et que les travaux dureront près d’un mois. Les collègues répondent alors qu’il n’est nullement question de na pas travailler durant cette période (les visites à domicile sont maintenus, les rendez-vous et les permanences extérieurs également) mais qu’au-delà de la question des conditions de sécurité des locaux, il n’est plus possible de travailler dans cette promiscuité et de répondre sereinement aux interpellations des usagers.
Les représentants de l’administration refusent de fermer les locaux (cela a déjà été pourtant à mainte fois fait ailleurs … mais ce n’est pas pareil lorsque ce sont les agents de terrain qui le demandent !!!).
A la fin de le réunion, comme par enchantement, le délai des travaux fixé à un mois se retrouve raccourci à une semaine. Mais, parce qu’il se trouve confronté à la détermination des collègues, le DGA-AS adjoint menace ces derniers de sanctions si le droit de retrait est maintenu.
Malgré donc, les pressions de la hiérarchie, le refus de l’autorité territoriale de prendre ses responsabilités en fermant les locaux de l’UTPAS le temps des travaux, la majorité du personnel poursuit sa mobilisation en faisant valoir son droit de retrait (tout en poursuivant son activité professionnelle à l'extérieur des locaux) jusqu’à l’ouverture complète des bureaux et la mise en sécurité de ses derniers. Chose faite le jeudi 22 octobre matin.
C’est leur mobilisation et leur détermination qui a permis la reprise rapide du service ! C’est parce qu’ils et elles n’ont pas plié(e)s que l’administration a dû faire accélérer les travaux et donc baisser le délai d’un mois à moins d’une semaine !!
Sans la mobilisation du personnel soutenu par SUD, nous aurions été, comme à l'habitude (surtout avec la DGAS), confrontés à une politique de "pourrissement de la situation".
SUD a interpellé, M. HAESEBROECK, vice président chargé des ressources humaines et président du CHS, afin qu’il se positionne vis-à-vis de l'attitude insultante de certains cadres à l’égard du personnel … pas de réponse !
SUD, la CGT et la CFDT ont réclamé également la tenue d'un CHS exceptionnel. Celui-ci aurait du se tenir dans les 15 jours suivant la demande … Il se réunira plus d’un mois après !!!
Le non-respect des procédures et textes démontre bien, une fois encore, la manière dont l’autorité territoriale considère les agents de la collectivité.
Bref, donc, ce mardi 17 novembre, lors du CHS, l’administration nous a fait, comme nous l’imaginions, un état des lieux et un rappel chronologique des faits à leur sauce ayant pour objectif de disculper l’ensemble des directions vis-à-vis de la manière dont la situation a été piteusement gérée.
Alors que nous attendions de la part du vice-président des positions claires d’employeur responsable, ce dernier n’a fait que tenir un discours de politicien rendant « hommage aux agents » mais surtout « aux directions qui se sont véritablement mobilisées suite à l’accident » … ah ah ah ah ah !!!
Une collègue de l’UTPAS de Roubaix-Hem, présente en tant qu’expert nommée par SUD, a pu renvoyer les faits tels qu’ils ont été réellement vécus par ses collègues. Elle a pu exprimer les difficultés auxquels ils ont été confrontés et leur incompréhension face au manque de réactivité de l’administration.
SUD a réaffirmé que le droit de retrait exercé par les collègues durant 7 jours était légitime et démontrait l’attachement du personnel à la qualité du service public rendu aux usagers.
SUD a lu une déclaration liminaire (cliquer ici), qualifiée par le vice-président de méprisante, mettant l’accent sur la nécessité de poser clairement les responsabilités de chacun, notamment les attitudes agressives, menaçantes et méprisantes de certains cadres de la DGAS (clairement désignés par notre organisation).
Notre intervention a suscité chez M. GUFFROY, DGA-ASS adjoint et M. HAESEBROECK, vice-président, une réaction de « levée de bouclier ». Il n’est pas question de remettre en question l’attitude et la compétence de cadres … pas touche à mes potes !!
Tout deux ont voulu mettre fin à ce débat en usant de propos insultants et méprisants à l’égard d’un représentant SUD : « vous êtes là pour vous faire mousser » … bah bien sûr, comme si nous n’avions rien d’autre à foutre !
En conséquence, puisque nous considérons que la CHS doit être une instance de dialogue social emprunt de respect et non l’inventaire d’un catalogue de distribution de bons points, nous n’avons pas eu d’autres choix que de quitter la salle.
Mais là une fois encore, on s’entendra sûrement dire : « Oui mais à SUD, ils sont violents, hein !! »
… pathétique !!!!
Epilogue : la leçon à tirer de cette histoire, est, qu’une nouvelle fois nous avons confirmation qu’il ne faut rien attendre de l’employeur et de son administration … Seule la mobilisation du personnel, par l’action permet de trouver une issue à leur problèmes
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